Le lac de Gérardmer attire chaque saison des marcheurs de tous niveaux. Son sentier de tour du lac, boucle d’environ 5 km en plein massif des Vosges, se parcourt en moins de deux heures à pied. Mais entre les racines qui affleurent, le sens de marche à choisir et les portions sauvages méconnues, quelques repères pratiques changent vraiment l’expérience sur place.
Sentier du tour du lac de Gérardmer : un terrain moins lisse qu’il n’y paraît
Vous imaginez peut-être un chemin plat et régulier autour du lac. La réalité est plus nuancée. Le sentier alterne entre portions goudronnées côté ville et passages forestiers techniques sur la rive opposée, avec des racines d’arbres, des roches affleurantes et parfois de la boue après la pluie.
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Ce relief modeste mais irrégulier rend la balade inadaptée aux poussettes et difficile pour les personnes à mobilité réduite. La mairie de Gérardmer a lancé depuis 2025 des travaux d’accessibilité autour de la tour de Mérelle, avec des rampes renforcées et des signalétiques tactiles, mais ces aménagements restent localisés.
Prévoyez des chaussures fermées à semelles adhérentes, même en été. Les tongs et chaussures lisses sont une source fréquente de glissades, surtout sur les sections boisées où l’humidité persiste sous le couvert forestier.
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Point de départ et sens de parcours : comment choisir
La plupart des marcheurs démarrent depuis l’embarcadère ou le parking principal côté ville. Vous pouvez aussi partir depuis le bout du lac, côté Ramberchamp, pour attaquer directement la partie la plus sauvage du sentier.
Sens horaire ou anti-horaire
Il n’y a pas de sens obligatoire. Le sens horaire (en partant vers la gauche depuis l’embarcadère) offre d’abord la portion urbaine, puis la forêt en deuxième moitié. C’est le choix classique des familles qui veulent garder le plus beau pour la fin.
Les coureurs et trailers vosgiens préfèrent souvent le sens anti-horaire, surtout en hiver, pour aborder les passages de racines et roches dans le sens de la descente, ce qui limite le risque de glissade sur sol gelé. Ce retour d’expérience, partagé par la communauté Komoot, mérite d’être pris en compte si vous marchez par temps froid.
La rive sauvage du lac : le tronçon que les marcheurs pressés ratent
Le bout du lac, côté opposé à la ville, constitue la portion la plus intéressante du parcours. Le sentier s’enfonce sous un couvert dense de résineux et de feuillus, longe des zones humides et offre des vues rasantes sur l’eau que la rive urbaine ne permet pas.
C’est aussi le tronçon le plus exposé à l’érosion. L’ONF a constaté une accélération de l’érosion des berges boisées depuis l’hiver 2024-2025, liée à des niveaux d’eau plus fluctuants. Des fascines végétales ont été installées autour de Ramberchamp pour stabiliser les zones vulnérables. Vous les repérerez facilement : ce sont des assemblages de branches tressées plaqués contre la berge.
Prenez le temps de ralentir sur cette section. Pressé, on la traverse en vingt minutes. En s’arrêtant aux points de vue et en observant les berges, elle vaut facilement le double.

Baignade, vélo, trail : ce qui est autorisé (et ce qui ne l’est pas)
Le sentier du tour du lac de Gérardmer soulève régulièrement des questions sur les usages autorisés. Voici ce qu’il faut retenir :
- La baignade dans le lac est interdite en dehors des zones surveillées en été. Même si certains coins semblent accessibles depuis le sentier, les courants et la température de l’eau justifient cette restriction.
- Les vélos sont formellement interdits sur le sentier de randonnée. Les passages techniques avec racines et roches rendent de toute façon la pratique dangereuse pour les piétons comme pour les cyclistes.
- Le trail et la course à pied sont autorisés et très pratiqués. Le circuit est populaire pour des entraînements courts en terrain varié.
- Les chiens sont acceptés, tenus en laisse, sur l’ensemble du parcours.
Tour de Mérelle et balisage : se repérer sur l’itinéraire
Le balisage du circuit est globalement fiable, mais il y a un piège fréquent. Plusieurs chemins forestiers croisent le sentier principal, notamment sur la rive sud. Sans attention, on peut bifurquer vers des itinéraires de randonnée plus longs qui montent vers les crêtes vosgiennes.
Restez toujours sur le chemin le plus proche de la berge pour ne pas quitter la boucle du lac. En cas de doute, le lac doit rester visible ou audible sur votre gauche (sens horaire) ou votre droite (sens anti-horaire).
La tour de Mérelle, point de repère visible depuis plusieurs endroits du parcours, sert d’ancrage visuel utile. C’est aussi autour de cette tour que les aménagements d’accessibilité récents ont été concentrés.
Fermetures temporaires à surveiller
Le chemin peut être fermé ponctuellement pour des travaux forestiers. En avril 2026, une fermeture de quatre jours a été imposée pour des interventions de l’ONF. Consultez le site de la mairie de Gérardmer avant votre départ pour vérifier l’état du sentier, surtout au printemps et à l’automne, périodes où les coupes de bois sont fréquentes.
Ce qu’il faut emporter pour profiter du sentier
- De l’eau, même pour une boucle courte : les fontaines sont rares sur le parcours, et la portion forestière peut être chaude en été sous le couvert.
- Un coupe-vent léger : le bord du lac est exposé au vent, surtout sur la rive nord face aux crêtes du massif vosgien.
- Un appareil photo ou des jumelles si vous marchez tôt le matin : la lumière rasante sur l’eau au lever du jour justifie à elle seule le réveil.
Le sentier du tour du lac de Gérardmer ne demande ni préparation physique particulière ni équipement technique. Ce qui fait la différence entre une balade ordinaire et un vrai bon moment, c’est surtout de prévoir le bon tempo : partir sans contrainte horaire, accepter de ralentir sur la rive sauvage, et vérifier avant de partir que le chemin est ouvert.

